Naître pour si peu de temps
Mon sujet d'aujourd'hui m'est suggéré par une question qu'on m'a posée : « je me demande ce que devient l'âme d'un enfant qui meurt après sa naissance ? » Et on ajoute: « Il n'a pas encore d'esprit » (?)
En ce jour de la Toussaint, peut-on penser qu'il fait partie de la foule immense des saints qui louent Dieu éternellement ? N'ayant pas, plus que d'autres, de réponse à donner, je pourrais bien me taire. Ce qui serait peut-être plus sage ! Je préfère cependant en dire quelque chose parce que c'est l'occasion de souligner une dimension divine importante : sa gratuité. Ce jeune enfant qu'on dit quelquefois être un « ange » a seulement à s'ouvrir à ce don gratuit de la vie éternelle. Comme nous d'ailleurs. Mais pour nous, adultes, il y a tellement d'autres choses qui interviennent que cette gratuité est mise en doute. Il faut, pensons-nous, mériter ... Je ne peux pas arriver devant Dieu les mains vides, etc, etc ... Tant d'arguments raisonnables !
Dieu ne nous fait pas entrer dans son royaume et participer à sa vie divine parce qu'on a eu, après quelques décades en ce monde, une « bonne vie ».Tant de paraboles dans l'évangile nous le prouve; entre autres, celle de l'enfant prodigue, et l'exemple du bon larron sur la croix. Dieu trouve sa joie à nous faire partager sa vie divine parce qu'il nous aime et nous a créés pour cela. Nous sommes faits pour une fête éternelle de relations mutuelles. On le voit bien déjà en ce monde comment nous essayons de réaliser cet idéal. Avec plus ou moins de succès ! Bien sûr, pour que cela puisse devenir réalité, il y a sans doute bien des choses à transformer en nous. Il faudrait déjà en cette vie s'appliquer à le rendre possible. Mais l'enfant qui meurt peu après sa naissance n'a sans doute pas à subir ce genre de purification.
J'aimerais mettre ceci en parallèle avec ce que dit le chanteur Jean-Louis Aubert : « La vie est un long 'je t'aime, que l'on aime écrire soi-même ». Le jeune enfant à qui on ne laisse pas le temps d'écrire un « long 'je t'aime' », nous semble victime d'une injustice. Il n'a pas eu le temps de prouver son amour. Mais est-ce vraiment nécessaire de faire cette preuve ?
Quant à dire qu'il « n'a pas encore d'esprit », je me sens en désaccord. L'enfant en bas âge, même s'il n'a pas l'âge de raison et ne sait pas distinguer le bien du mal, a bel et bien en lui une zone de lumière où le regard de Dieu se pose sur lui avec autant d'amour que pour toute autre créature adulte. C'est cela, cette partie essentielle de son âme enfantine, qui est son esprit. Là, en ce lieu secret, (et qui fait toute notre dignité) une relation personnelle s'établit avec son créateur. Sans elle, il ne pourrait même pas subsister. D'ailleurs, même avant de naître, cette relation existait déjà d'une façon mystérieuse. La mort ne peut la faire disparaître.
Les théologiens, dans le passé, ont imaginé un lieu spécial pour les enfants morts en bas âge (et sans baptême). Ils l'ont appelé les limbes. À mon avis, il n'est pas nécessaire d'y avoir recours pour trouver une place à ceux que Dieu a retiré la vie en ce monde plus tôt que d'autres. Nous n'avons pas trop à nous préoccuper de ce qui nous paraît des cas spéciaux. Dieu a plus d'un tour dans son sac. Faisons-lui confiance !
En ce jour de la Toussaint, peut-on penser qu'il fait partie de la foule immense des saints qui louent Dieu éternellement ? N'ayant pas, plus que d'autres, de réponse à donner, je pourrais bien me taire. Ce qui serait peut-être plus sage ! Je préfère cependant en dire quelque chose parce que c'est l'occasion de souligner une dimension divine importante : sa gratuité. Ce jeune enfant qu'on dit quelquefois être un « ange » a seulement à s'ouvrir à ce don gratuit de la vie éternelle. Comme nous d'ailleurs. Mais pour nous, adultes, il y a tellement d'autres choses qui interviennent que cette gratuité est mise en doute. Il faut, pensons-nous, mériter ... Je ne peux pas arriver devant Dieu les mains vides, etc, etc ... Tant d'arguments raisonnables !
Dieu ne nous fait pas entrer dans son royaume et participer à sa vie divine parce qu'on a eu, après quelques décades en ce monde, une « bonne vie ».Tant de paraboles dans l'évangile nous le prouve; entre autres, celle de l'enfant prodigue, et l'exemple du bon larron sur la croix. Dieu trouve sa joie à nous faire partager sa vie divine parce qu'il nous aime et nous a créés pour cela. Nous sommes faits pour une fête éternelle de relations mutuelles. On le voit bien déjà en ce monde comment nous essayons de réaliser cet idéal. Avec plus ou moins de succès ! Bien sûr, pour que cela puisse devenir réalité, il y a sans doute bien des choses à transformer en nous. Il faudrait déjà en cette vie s'appliquer à le rendre possible. Mais l'enfant qui meurt peu après sa naissance n'a sans doute pas à subir ce genre de purification.
J'aimerais mettre ceci en parallèle avec ce que dit le chanteur Jean-Louis Aubert : « La vie est un long 'je t'aime, que l'on aime écrire soi-même ». Le jeune enfant à qui on ne laisse pas le temps d'écrire un « long 'je t'aime' », nous semble victime d'une injustice. Il n'a pas eu le temps de prouver son amour. Mais est-ce vraiment nécessaire de faire cette preuve ?
Quant à dire qu'il « n'a pas encore d'esprit », je me sens en désaccord. L'enfant en bas âge, même s'il n'a pas l'âge de raison et ne sait pas distinguer le bien du mal, a bel et bien en lui une zone de lumière où le regard de Dieu se pose sur lui avec autant d'amour que pour toute autre créature adulte. C'est cela, cette partie essentielle de son âme enfantine, qui est son esprit. Là, en ce lieu secret, (et qui fait toute notre dignité) une relation personnelle s'établit avec son créateur. Sans elle, il ne pourrait même pas subsister. D'ailleurs, même avant de naître, cette relation existait déjà d'une façon mystérieuse. La mort ne peut la faire disparaître.
Les théologiens, dans le passé, ont imaginé un lieu spécial pour les enfants morts en bas âge (et sans baptême). Ils l'ont appelé les limbes. À mon avis, il n'est pas nécessaire d'y avoir recours pour trouver une place à ceux que Dieu a retiré la vie en ce monde plus tôt que d'autres. Nous n'avons pas trop à nous préoccuper de ce qui nous paraît des cas spéciaux. Dieu a plus d'un tour dans son sac. Faisons-lui confiance !

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